Ici, on plante le décor

L’analyse business & marché

Les chiffres qu’aucun marketeur ne doit ignorer — pour briller au COMEX 😉

Jessica Malia

Architecte marketing

IA générative : un nouveau levier d’influence pour les marques

Le Baromètre Gen-AI, mené par Iligo en partenariat avec Media Figaro, montre que l’IA générative s’installe dans les usages des Français. Elle n’est plus réservée à une minorité, mais devient un véritable réflexe pour chercher de l’information, gagner du temps, trouver de l’inspiration ou encore obtenir des recommandations.

Cette évolution transforme directement les parcours de décision. Les Français utilisent désormais l’IA pour comparer, s’informer et parfois orienter leurs choix de produits ou services.

Quelques chiffres

0 %
des Français de
18 à 69 ans ont déjà utilisé l'IA
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l’utilisent pour
rechercher de l’information
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l’utilisent pour
des recommandations
de produits ou services
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ont acheté après
une recommandation IA

Vers une nouvelle logique d’influence

Pour les marques, et en particulier les CMO de la tech, l’enjeu est clair : il ne suffit plus d’être visible sur les moteurs de recherche classiques. Pour capter ces nouvelles audiences, il faut impérativement devenir une source de référence, crédible et citée au cœur même des réponses générées par les IA.

C’est précisément tout l’intérêt du GEO (Generative Engine Optimization). Ce levier stratégique consiste à optimiser ses contenus pour qu’ils soient parfaitement assimilés par les algorithmes, garantissant à la marque d’être activement recommandée au moment crucial où l’utilisateur valide son choix ou passe à l’achat.

Mon
conseil

Le GEO exige des contenus à forte valeur ajoutée : avis d’experts, cas clients… Autant de preuves qui renforcent la légitimité d’une marque dans les réponses générées par IA. 

Le petit plus : les Relations Presse sont votre meilleur allié pour installer cette crédibilité dans des environnements éditoriaux reconnus.

Ressources clés

On continue par ici !

Le cas d’école

Gros échecs ou superbes réussites, on passe au crible des cas concrets

Le cas

Manon Tête​

Adjointe Architecte marketing

La marque de thermos qui a colonisé le cerveau des IA (et des humains)

Stanley existe depuis 1913. Une marque de mecs, de thermos kaki. Puis, en 2020, tout bascule grâce à une stratégie qui coche exactement toutes les cases du GEO sans le savoir.

Ce qui s’est passé

Le Stanley Quencher, lancé en 2016, affichait des ventes décevantes au point d’être sur le point d’être abandonné. En 2020, Stanley refond totalement sa stratégie marketing pour cibler les femmes de 25 à 45 ans, déclenchant une viralité massive. Les ventes ont explosé de plus de 300 % en ciblant les millennials et la Gen Z féminine.

Une vidéo TikTok montrant la durabilité d’un Quencher ayant survécu à un incendie de voiture a engrangé plus de 84 millions de vues. Le hashtag #StanleyTumbler a dépassé un milliard de vues !

Quelques chiffres

0 %
c'est l'augmentation des ventes en 2020
0
millions de vues sur la vidéo TikTok de l'incendie
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milliard de vues sur le hashtag #StanleyTumbler

Pourquoi c'est du GEO (même involontaire)

Le GEO repose sur une idée centrale : être la réponse naturelle des IA quand quelqu’un pose une question. Pour ça, il faut que des milliers de sources tierces indépendantes parlent de toi de façon crédible et cohérente.

Selon les recherches McKinsey 2025 sur la recherche IA, le site d’une marque ne représente que 5 à 10 % de ce que les moteurs IA consultent réellement. Le reste vient des éditeurs, sites affiliés et contenus générés par les utilisateurs.

Stanley a construit exactement ça, avant même que le GEO soit un concept :

1. Une armée de créateurs indépendants qui publient des reviews, comparatifs et unboxings, exactement les sources que ChatGPT ou Perplexity citent quand on demande « quel thermos acheter ? »

2. Des contenus ultra-structurés autour de questions précises : « Stanley vs Hydro Flask », « meilleure couleur Stanley 2025 », « Stanley se garde-t-il chaud ? »… le format conversationnel parfait pour les IA.

3. Des collaborations authentiques (notamment avec The Buy Guide, qui a vendu 5 000 Quenchers en quelques jours) qui génèrent des mentions cohérentes et positives à travers des sources jugées fiables par les LLM.

4. Des événements culturels mémorables (le lancement des tumblers Saint-Valentin en exclusivité chez Target, qui a provoqué des bousculades en magasin et s’est écoulé en quelques minutes), créant des milliers d’articles de presse et posts qui renforcent l’autorité de la marque dans les données d’entraînement des IA.

En résumé

Des precurseurs !

Stanley prouve que la viralité culturelle + la cohérence de la narration = visibilité IA garantie. Quand des millions de personnes posent à une IA « quelle gourde est tendance ? » ou « quel cadeau cool pour une amie ? », Stanley sort en premier, pas parce qu’ils ont payé pour ça, mais parce que l’écosystème de contenu autour d’eux est tellement dense et cohérent que les IA ne peuvent pas l’ignorer.

Pssst...

La confidence entre marketeurs

Ce qu’on ne dit pas assez aux décideurs marketing

Marlène Pellissier

Architecte marketing

Google vient de publier son guide officiel pour apparaître dans les résultats IA

Google vient enfin de mettre des mots clairs sur ce que tout l’écosystème SEO essayait de deviner depuis l’arrivée des AI Overviews : comment apparaître dans les réponses générées par IA ?

Et la réponse officielle, publiée le 15 mai dans un guide signé John Mueller, est presque déconcertante de simplicité : continuez à faire du bon SEO. Pas un “nouveau SEO IA”, pas une discipline parallèle avec un acronyme à la mode. Google explique noir sur blanc que ses fonctionnalités IA reposent sur les mêmes signaux de qualité que la recherche classique.

Autrement dit : un contenu utile, crédible, bien structuré et techniquement accessible reste la base absolue.

C’est probablement la première fois que Google démonte aussi frontalement certaines croyances qui circulaient depuis des mois.

  • Non, créer un fichier llms.txt ne sert à rien pour Google Search.
  • Non, découper artificiellement ses contenus en “chunks” n’améliore pas sa visibilité IA.
  • Et non, inonder le web de mentions de marque pseudo-authentiques n’aide pas les modèles à mieux vous citer. 

Derrière ce guide, Google essaie surtout de calmer une panique de marché : celle qui pousse beaucoup de marques à croire qu’il faut réinventer entièrement leur présence en ligne pour survivre à l’IA générative.

En réalité, Google rappelle une chose somme toute basique mais essentielle : les réponses IA s’appuient sur des contenus existants, indexés, jugés fiables et pertinents. Certains diront « merci, captain obvious ! », d’autres y verront peut-être un vrai signal pour recentrer leur stratégie de contenu vers ce qui fait la valeur de leur marque.

Mon conseil

Arrêtez de créer du contenu "pour les IA” ! ❌

Alors oui, Google confirme qu’il faut conserver les fondamentaux SEO. Mais j’ajouterais surtout, travaillez votre autorité de marque (bien au-delà d’une vision drivée uniquement par les mots-clés) : relations presse, citations dans des médias fiables, prises de parole expertes, présence sur des sites de référence…

Plus Google perçoit votre marque comme une source reconnue et légitime dans son écosystème, plus vous augmentez vos chances d’alimenter les réponses IA.

Aller plus loin

Le point culture

La bibliothèque du CMO

La reco culturelle à sortir pour se faire mousser dans les hautes sphères

Morgane Rousset

Architecte marketing

The Sirens' Call: How Attention Became the World's Most Endangered Resource

C’est le livre parfait pour comprendre pourquoi on a parfois l’impression d’avoir le cerveau ouvert dans un onglet Chrome avec 47 notifications.

L’auteur, Chris Hayes, part d’un constat simple : l’attention n’est pas juste une compétence personnelle ou un problème de “discipline”. Elle est devenue une ressource économique, politique et sociale que tout le monde essaie de capturer : plateformes, médias, marques, politiques, influenceurs, apps, créateurs, algorithmes.

Ce qui est malin, c’est que l’auteur ne fait pas passer le message “les téléphones, c’était mieux avant”. Il s’intéresse à la façon dont l’attention est devenue une marchandise, un peu comme le travail à l’ère industrielle : quelque chose que des industries entières organisent, extraient, optimisent et revendent.

La métaphore du titre est très parlante : les sirènes de l’Odyssée attiraient les marins vers leur perte. Aujourd’hui, nos sirènes sont dans nos poches, sur nos feeds, dans nos boîtes mail, dans nos dashboards et parfois même dans nos outils de productivité censés nous “aider à nous concentrer”. 

À l’ère de l’IA, ce livre devient encore plus intéressant, parce que l’enjeu n’est plus seulement : qui capte mon attention ? C’est aussi : qui pré-trie le monde pour moi ? Les assistants IA, les moteurs génératifs et les feeds algorithmiques ne se contentent pas de nous distraire : ils sélectionnent les sources, hiérarchisent les réponses, reformulent les idées et décident parfois de ce qui mérite d’être vu.

Pourquoi le lire en tant que CMO ?

Pour des pros du marketing, du contenu ou du GEO, c’est un rappel assez brutal : demain, il ne faudra pas seulement gagner le clic, il faudra gagner sa place dans les réponses des IA.

Et c’est là que le livre devient très utile pour le marketing B2B tech. Il force à poser une question moins confortable que “comment capter plus d’attention ?” : quelle attention mérite-t-on vraiment ?

Dans un monde saturé de contenus générés, recyclés, repackagés et optimisés pour les IA, les marques qui s’en sortiront ne seront pas forcément celles qui crient le plus fort, mais celles qui deviennent des repères fiables dans le chaos.

En
résumé

Note : 5/5

À lire pour comprendre pourquoi l’attention est devenue la ressource rare ultime, et pourquoi, à l’ère de l’IA, le vrai luxe n’est plus d’être visible, mais d’être digne d’attention.