Les grandes individualités dans un collectif : atout ou faiblesse ?

On s’en souvient, cette question s’est posée dans le domaine du football à l’occasion du mondial catastrophique des Bleus. Mais cette problématique footballistique semble pouvoir aujourd’hui être transposée, au domaine de l’innovation technologique à Grenoble, et plus précisément dans le transfert de technologies.

En 2009, le gouvernement présentait le programme « Investissements d’avenir » du grand emprunt national. Ce programme prévoit de renforcer la position économique des entreprises technologiques françaises en investissant un milliard dans le Fonds National de Valorisation, dont 900M€ précisément dans la création d’une dizaine de Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT), en vue de favoriser l’émergence d’un MID Market (PME de CA entre 10 et 50 millions d’euros) à la française. C’est, on le sait depuis longtemps, l’un des points faibles de notre économie, notamment au niveau de l’édition logicielle. Si l’effort a été plébiscité par les différents acteurs du marché, la situation à Grenoble semble plus compromise.

Nous avons à Grenoble la chance, semble-t-il, d’avoir plusieurs grandes structures qui s’investissent déjà depuis longtemps dans le transfert et la mutualisation des innovations technologiques, au niveau public comme au niveau privé : Le CEA et l’INRIA évidemment, mais aussi l’université Joseph-Fourier (UJF) et sa filiale privée Floralis, ou Grenoble INP et sa filiale INPG Entreprise, sans oublier les outils mutualisés que sont GRAVIT et l’incubateur Grain.

En fait, deux projets de fonds s’opposent : L’UJF et Floralis porte un projet intitulé « Grenoble Alpes », soutenu par le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) qui regroupe également l’Université Pierre-Mendès-France, Stendhal et l’Université de Savoie. En face, le projet « Grenoble Innovation Partenariale (GRIP) », porté par Grenoble INP et soutenu par le CEA et l’INRIA, qui défend lui le projet d’une SATT a minima dont l’objet serait de gérer l’argent du fond et de partager les best practices.

Ainsi, si l’appel d’offres de l’Etat pour la création de SATT dans différentes régions peu pourvues dans le domaine du transfert de technologies est à saluer, la situation de Grenoble reste hors-normes. Au risque de passer à côté, faute de projet commun ?

Claire Raffalli - Gtec

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