Free, Facebook & Microsoft  : leurs dirigeants veulent inciter les jeunes à coder

A croire que ces trois dirigeants se sont passés le mot…

Le fondateur de Free Xavier Niel et les créateurs de Facebook et Microsoft, Mark Zuckerberg et Bill Gates ont décidé de promouvoir (chacun de leur côté) les « métiers de geek ». Explications.

Une école d’informatique “façon” Xavier Niel

C’est un fait : la filière IT manque de développeurs.

Objectif du patron de Free et de Nicolas Sadirac, ancien directeur d’Epitech : former 1000 jeunes par an qui sortent du système scolaire sans qualification pour en faire des développeurs.

Comment ? En créant une école d’informatique 2.0. Baptisée « 42 », elle ouvrirait ses portes en novembre de cette année.

Selon Xavier Niel, les formations de l’Education Nationale qui sont proposées aux étudiants sont « trop classiques et rigides », et pas vraiment en phase avec ce qu’ils souhaitent apprendre. Difficile alors de détecter les nouveaux talents en puissance qui ne disposent pas des ressources financières suffisantes pour suivre une formation d’ingénieur…

Xavier Niel et ses collaborateurs ont donc décidé de « révolutionner » les traditionnelles règles d’admission des grandes écoles : homme ou femme, Bac ou pas Bac… L’inscription est gratuite et ouverte à tous ! Seule condition, il faut être « jeune », soit avoir entre 18 et 30 ans.

Les inscrits passeront une batterie de tests dont le but sera de détecter leurs capacités à apprendre et à comprendre l’informatique. De là, les 4000 heureux sélectionnés passeront leur été à alterner cours théoriques et travaux pratiques, à l’issue duquel 1000 élèves obtiendront leur Pass pour la rentrée de novembre, où ils seront formés durant 3 ans aux métiers de l’IT.

« Les mille étudiants formés chaque année devraient contribuer à créer 10 000 emplois annuels supplémentaires par la création d’entreprises » estime Xavier Niel.

De quoi réduire et à terme mettre fin à la pénurie de développeurs et autres responsables réseau que connaissent les entreprises françaises.

Aux Etats-Unis, Mark Zuckerberg et Bill Gates font de la pub’ pour promouvoir le code

Autre approche de l’autre côté de l’Atlantique, celle-ci plus « à l’américaine » dirons-nous. Une soixantaine de personnalités du secteur IT se sont réunies pour encourager les plus jeunes à s’initier aux rudiments de l’informatique. Le tout à travers une campagne publicitaire clamant que tout le monde devrait savoir programmer un ordinateur.

Mark Zuckerberg, Jack Dorsey et Bill Gates le disent : ils ont été très tôt mis devant un ordinateur. De la simple « bidouille » à la véritable programmation, c’est sans doute cela qui les a conduits à où ils en sont aujourd’hui…

La vidéo dans laquelle ils apparaissent « What most schools don’t teach », traduisez « Ce que les écoles n’enseignent pas », a justement pour but de « dénoncer » le fait que l’informatique n’occupe pas une place suffisamment importante dans les écoles.

Le fondateur de Facebook pointe du doigt un problème de fond : « Notre politique est d’embaucher autant d’ingénieurs informatiques talentueux que nous le pouvons. Aujourd’hui il n’y a pas assez de personnes suffisamment formées et qui possèdent de telles compétences. »

Les programmes d’éducation américains ne proposent pas un enseignement suffisamment important en programmation et code informatiques. D’où la rareté de développeurs qualifiés malgré les besoins toujours plus grands dans cette voie.

Constat qui fait de la peine : chaque année les Etats-Unis comptent plus de 120 000 demandeurs d’emploi supplémentaires dans le secteur informatique. Faute de diplômes en adéquation avec les besoins, les jeunes qui sortent de l’université ne trouvent pas de travail.

« Coder » en effraie certainement plus d’un. Personne n’a jamais dit que c’était simple. Mais y a-t-il quelque chose dans la vie qu’il le soit ?

France / Etats-Unis : même combat !

Création d’une école spécialisée d’un côté, campagne publicitaire de l’autre… Les façons de faire diffèrent mais l’objectif reste le même : celui de dire aux génies informatiques en puissance de sortir de leur tanière car le secteur a besoin d’eux !

Clairement, il s’agit d’un manque auquel vont devoir faire face les éditeurs logiciels dans les années à venir.

Si rien ne bouge en effet, il risque d’être de plus en plus compliqué d’embaucher un talentueux collaborateur maîtrisant toutes les ficelles de la programmation informatique et les nouveaux langages.

Difficile pour un éditeur qui voit dans son esprit germer sa solution logicielle de la développer s’il ne dispose pas en interne des compétences nécessaires.

Les éditeurs doivent prendre conscience de cette pénurie de compétences et réfléchir dès à présent aux mesures qui pourraient être mises en place pour y pallier.

Pourquoi ne pas envisager en effet des formations internes où les développeurs confirmés partageraient leurs connaissances avec les nouvelles recrues. Ou encore pour aller plus loin, intervenir dans les écoles ou sur des salons spécialisés à la recherche de nouveaux potentiels…

Bref ! Les éditeurs de logiciels seront tôt ou tard concernés par cette problématique pouvant avoir un impact direct sur leur activité : une innovation qui ne verrait pas le jour, ou trop tardivement, faute de compétences informatiques pourrait s’avérer dramatique pour un éditeur… Surtout quand la concurrence devient de plus en plus internationale !

A vous éditeurs de prendre les devants !

Par Caroline Kulko

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